Les dettes non retenues pour apprécier l’état de surendettement

les dettes non retenues pour apprécier l'état de surendettement

Face à une situation financière dégradée, de nombreux ménages se tournent vers la commission de surendettement pour obtenir un soutien. Cette démarche implique une analyse minutieuse de l’ensemble des dettes du foyer. Pourtant, toutes les dettes ne sont pas prises en compte dans cette évaluation. Certaines, qualifiées de dettes non retenues, ne figurent pas dans le calcul de l’état de surendettement. Comprendre lesquelles sont exclues permet de mieux anticiper les décisions de la commission et d’éviter des erreurs dans son dossier.

Les critères de recevabilité d’un dossier de surendettement

Pour qu’un dossier de surendettement soit déclaré recevable, il faut démontrer une impossibilité manifeste de faire face à ses dettes non professionnelles. Ce sont des dettes contractées par un particulier dans le cadre de sa vie personnelle, et non liées à une activité indépendante ou commerciale. L’analyse du dossier repose sur une vision globale des ressources et des charges du foyer.

La commission écarte certains types de dettes dès le départ, notamment celles qui ne relèvent pas de son champ de compétence. Cette sélection vise à recentrer la procédure sur les dettes personnelles, comme les crédits à la consommation ou les retards de loyer. Cela n’implique pas que ces autres dettes disparaissent, mais qu’elles ne peuvent pas être traitées dans le cadre de la procédure.

Les dettes non éligibles sont souvent celles issues d’une activité professionnelle indépendante. Un entrepreneur individuel ne peut pas inclure ses dettes professionnelles dans un dossier de surendettement classique. Il devra se tourner vers une procédure collective distincte, relevant du tribunal de commerce.

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Les exclusions spécifiques à la procédure de surendettement

Dans une démarche de surendettement, certaines dettes sont expressément exclues, même si elles relèvent de la vie privée. Cela peut surprendre les demandeurs, mais ces exclusions sont prévues par la réglementation pour garantir la cohérence de la procédure. Leur non-prise en compte n’exonère pas le débiteur de les régler.

Les amendes pénales, par exemple, ne peuvent jamais être effacées ou rééchelonnées par la commission. Il s’agit de sanctions décidées par un tribunal, que la commission ne peut pas modifier. De même, les réparations civiles imposées par décision de justice, notamment en cas d’accident, sont exclues du traitement.

Les dettes alimentaires, comme les pensions dues pour les enfants ou les ex-conjoints, ne sont pas effaçables non plus. Ces créances bénéficient d’un statut particulier, car elles touchent au droit fondamental de subsistance. Même en cas de rétablissement personnel, elles devront être payées intégralement.

Dettes non retenues : une liste à connaître

Il est essentiel de connaître les dettes non retenues lors de l’examen d’un dossier de surendettement. Elles ne seront pas intégrées dans le plan de redressement, ni soumises à effacement. Le débiteur doit continuer à les honorer en parallèle du reste de la procédure.

Voici les principales dettes non retenues :

  • Les amendes pénales, forfaitaires ou majorées.
  • Les dettes issues d’une condamnation pénale ou civile avec dommages-intérêts.
  • Les pensions alimentaires dues au titre d’un jugement.
  • Les dettes professionnelles contractées par un travailleur indépendant.
  • Les créances frauduleuses, dissimulées ou issues d’une mauvaise foi manifeste.

La commission exclut systématiquement ces créances, car elles relèvent de règles juridiques supérieures. Cela signifie que le débiteur devra prévoir leur paiement en dehors de tout plan d’apurement. C’est pourquoi il est crucial de bien les identifier dès le dépôt du dossier.

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Surendettement : les limites d’intervention de la commission

La commission de surendettement dispose de pouvoirs larges mais encadrés. Elle peut proposer un plan de remboursement, imposer un moratoire ou recommander un effacement partiel des dettes. Toutefois, son champ d’action s’arrête là où la loi lui impose des limites précises.

Elle ne peut intervenir sur des décisions judiciaires rendues dans un cadre pénal ou civil, ni suspendre l’exécution d’un jugement. Les dettes issues d’un contentieux passé restent donc dues, même si le ménage n’a plus les moyens de les régler. Cette distinction est importante pour comprendre le périmètre d’un éventuel allègement de dette.

La commission n’est pas non plus compétente pour intervenir sur des dettes d’entreprise. Un auto-entrepreneur ou artisan doit solliciter une procédure collective auprès du tribunal, comme le redressement judiciaire simplifié. En cas de doute, il est préférable de se rapprocher d’un conseiller ou d’un avocat spécialisé.

Quelles solutions pour les dettes non prises en compte ?

Même si certaines dettes non retenues échappent au traitement de la commission, des solutions peuvent être envisagées pour les gérer. Il s’agit souvent d’établir un plan de paiement parallèle, en négociant directement avec les créanciers. Cette démarche demande de la rigueur et une bonne organisation.

Il est possible de demander un échéancier auprès des services publics, notamment pour les amendes ou les dettes fiscales. La CAF, l’URSSAF ou les tribunaux peuvent parfois accorder des délais de paiement. Cela permet d’éviter l’accumulation de pénalités et de préserver un minimum de marge budgétaire.

Le recours à un médiateur ou à un travailleur social peut également aider à trouver un accord. Certaines aides ponctuelles peuvent être débloquées par les collectivités locales, en cas de précarité avérée. Bien que ces dettes soient exclues du cadre strict du surendettement, elles ne sont pas forcément insurmontables.

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Préparer son dossier en connaissance des exclusions

Pour éviter un rejet partiel ou une mauvaise surprise, il est crucial de préparer son dossier en tenant compte des dettes non retenues. Cela permet de présenter un plan cohérent, et d’éviter de compter sur un effacement qui n’aura pas lieu. L’honnêteté et la clarté restent les meilleurs alliés du demandeur.

Il est recommandé de séparer clairement les dettes éligibles et non éligibles, en les mentionnant dans le dossier avec les justificatifs correspondants. Cela facilitera le travail de la commission et renforcera la crédibilité de la démarche. Une explication écrite des difficultés rencontrées peut également apporter un éclairage utile.

Anticiper les exclusions permet aussi d’adapter son budget en conséquence. Même si certaines dettes sont exclues, leur poids reste réel dans la gestion du quotidien. C’est pourquoi il ne faut jamais les ignorer, mais chercher à les traiter en parallèle du dispositif principal.